
Titre
Dire ce que l’on pense, donner son avis, poser ses limites ou simplement être honnête sur ce que l’on ressent… pour certaines personnes, cela peut sembler simple. Pour d’autres, c’est beaucoup plus compliqué.
Il arrive de se taire alors qu’on aurait voulu parler. D’accepter quelque chose qui ne nous convient pas. De ne pas oser dire non. Ou encore de repousser une conversation importante, par peur de la réaction de l’autre.
Souvent, quand on cherche à comprendre, on pense assez naturellement à notre histoire.
Peut-être qu’à un moment, on a exprimé quelque chose (une émotion, un besoin, un désaccord) et que cela nous est “retombé dessus”. Une remarque blessante, un conflit, un rejet, une punition. Ce type d’expérience peut marquer durablement.
Il est aussi possible d’avoir grandi dans un environnement où dire les choses n’était pas vraiment encouragé. Dans certaines familles, on apprend très tôt qu’il vaut mieux éviter les conflits, ne pas déranger, rester discret, ou faire passer les besoins des autres avant les siens.
Avec le temps, ces expériences construisent des réflexes. Se taire devient une manière de se protéger.
Mais il y a aussi un autre niveau de compréhension, plus profond, lié à notre fonctionnement biologique.
Un cerveau construit pour survivre en groupe
Notre cerveau moderne repose sur une architecture très ancienne. Pendant des centaines de milliers d’années, les êtres humains vivaient en groupe. L’appartenance n’était pas seulement importante : elle était essentielle à la survie.
Être rejeté de son groupe pouvait signifier perdre l’accès à la nourriture, à la protection, au soutien. Autrement dit, être exclu pouvait réellement mettre la vie en danger.
Notre système nerveux a gardé la trace de cette réalité.
Aujourd’hui, dire ce que l’on pense ne met généralement pas notre vie en danger. Pourtant, certaines parties de notre cerveau (plus archaïques) peuvent réagir comme si c’était le cas.
Prendre la parole, exprimer un désaccord, poser une limite… peut être interprété, à un niveau inconscient, comme un risque de rupture du lien.
Et pour ce cerveau ancien, rupture du lien peut rimer avec danger.
Quand parler active une alarme intérieure
C’est pour cela que, dans certaines situations, le simple fait de s’exprimer peut déclencher une forte réaction intérieure.
On peut ressentir :
une peur intense avant de parler
une boule au ventre
une hésitation ou un blocage
une montée d’angoisse
ou au contraire, un évitement automatique
Ce n’est pas simplement un manque de confiance ou de volonté.
C’est souvent un signal d’alarme du système nerveux, qui dit en quelque sorte : “Attention, il y a un risque pour le lien.”
À cela s’ajoute un deuxième niveau : la mémoire émotionnelle.
Une situation actuelle (par exemple dire non à quelqu’un) peut venir réactiver des expériences plus anciennes :
“Si je parle, je vais être rejetée.”
“Si je dis ce que je pense, je vais déranger.”
“Si je pose une limite, je vais perdre l’autre.”
La réaction que l’on ressent dans le présent est alors souvent plus intense que la situation elle-même.
Ce n’est pas uniquement le moment présent qui se joue, mais tout ce qu’il réveille.
Apprendre à faire une mise à jour
Comprendre ces mécanismes change le regard que l’on porte sur soi.
Cela permet de sortir de l’idée que l’on “devrait juste réussir à parler” ou que l’on a un problème.
En réalité, il s’agit souvent d’un système de protection ancien, qui continue de fonctionner même s’il n’est plus totalement adapté à notre réalité actuelle.
Le travail consiste alors progressivement à faire une forme de mise à jour intérieure : reconnaître la peur, sans forcément la suivre automatiquement.
Se rappeler que :
exprimer un besoin ne met pas en danger
poser une limite ne signifie pas perdre le lien
être en désaccord ne conduit pas systématiquement au rejet
C’est un apprentissage progressif, qui demande de la sécurité, de la répétition, et parfois de passer par des formes d’expression plus indirectes.
J'aborde ce sujet sur ma chaîne YouTube dédiée à l’art et à la thérapie.
Le lien de la vidéo est juste ici, et j’aborde ce point à 30 min 53.
© Les Portes de l'Abondance | Politique de confidentialité | Mentions légales et CGU | CGV
courriel : contact@portesdelabondance.fr - 07.71.04.54.62